AÏN EL TÜRCK: LES QUARTIERS DE TROUVILLE ET BOUISSEVILLE SOUS L’IMMERSION DES FUITES DE LA HONTE ET DE L’IMPUNITE

C’est un drame écologique qui continue à défrayer la chronique dans la capitale de la corniche »ouest » oranaise, volant la vedette et ainsi être à la »une » des principales discussions dans les lieux publics, dans un lamentable décor qui a pris le dessus sur tout le reste à l’orée du présent mois sacré, sachant que la cité balnéaire, est déjà exposée à tous types de ratages depuis des lustres, où les inconvenances se succèdent à un rythme effréné, entre le houleux affaissement à la place Echems, un scandale urbanistique resté sans suite, ajoutons l’état de dégradation de la quasi-totalité des chaussées, des plages inondées par les eaux usées, des espaces verts qui brillent par leur absence ou encore l’exiguïté des rares aires de stationnement, subissant d’autres contraintes causées par le manque d’inspiration de ses gestionnaires et élus, sous le sceau des crevasses et nids de poules à tout bout de champ, ainsi que le manque d’équipements publics à la hauteur du statut de la cité balnéaire. Et l’on passe pour ne pas allonger la liste des défaillances élémentaires indispensables à un séjour ordinaire dans un cadre urbain respectable.
Le phénomène de la déperdition des eaux du réseau de l’AEP remonte déjà au début du mois de ramadhan de l’année écoulée 2025, un début du mois sacré coïncidant avec la mise en service de la station de dessalement de Cap Blanc, rappelons-le, inaugurée par le Président de la République et dont les instructions fermes ont été adressées aux gestionnaires du secteur quant à leur gestion, leur rationalité ainsi que le suivi technique et la maintenance, des instructions qui ne devaient laisser planer aucun doute quant à la prise en main professionnelle et consciencieuse de cette noble et louable mission qui a coûté des sommes faramineuses au Trésor Public.
Un constat amer lié à la scandaleuse déperdition et écoulement des eaux émanant du réseau AEP, remontant à plus de 16 mois, dans un spectacle odieux, enlaidissant le tissu urbain du chef-lieu de la daïra d’Ain El Türck, et dont les services de la Seor chargés de la gestion de l’alimentation en eau potable, ne font aucun effort à éradiquer, pour rajouter d’autres ingrédients épineux aux peines et craintes de la population locale dans un cauchemar réel, une cité déjà engloutie par diverses inconvenances liées à sa conception de gestion.
Des méthodes de prise en charge des préoccupations citoyennes et dont la majorité des contribuables à qualifier cet état de fait de « laisser-aller » prémédité, assimilé à un cocktail de laxisme mêlé à une certaine insouciance, pour ne pas dire de l’indifférence, symbole d’une incompétence avérée.
Quant au phénomène dont nous nous soucions et dont nous insistons à tirer la sonnette d’alarme, où l’on se rappelle que le Ministre de l’hydraulique lors de sa visite de travail et d’inspection dans la daïra d’Ain El Türck au début en Mars 2025, avait ordonné et instruit les responsables du secteur de l’hydraulique, notamment les entreprises chargées de la gestion de l’eau potable, à l’exemple de la Seor locale, à la lutte sans merci contre les fuites d’eau et les obstructions du réseau Aep .
Une sorte de déclaration de guerre à ce fléau qui continue à encrasser moralement l’environnement urbain, ainsi que les contraintes causées aux citoyens qui pataugent depuis des mois dans les eaux marécageuses. Ces mêmes instructions réitérées et appuyées par des recommandations fermes du wali. Que dalle !
Des promesses d’intervention restées lettres mortes
Et de rappeler que c’est surtout depuis l’avènement de la mise en service de la station de dessalement sise à Cap Blanc que la gestion archaïque et anarchique du »monde des eaux » dans la capitale de la corniche qui nous a fait découvrir les réalités du terrain.
Un terrain miné par de perpétuelles fuites, fuites des eaux tous réseaux confondus ainsi que les obstructions du même réseau privant certains quartiers de la source vitale de la vie, l’eau ! C’est dans ce souci, et face à l’ampleur du phénomène qui perdure, où pour rappel, avions pris attache à l’époque avec le premier responsable du secteur dans la daïra d’Ain El Türck, M. S.M Mouri, gérant du pôle SEOR, un pôle qui regroupe les centres technique, commercial et maintenance.
Notre interlocuteur avait affirmé, engageant sa responsabilité et celle des services de la Seor au niveau de la wilaya : »Nous avons répertorié 84 fuites à travers le territoire de la daïra d’Ain El Türck, dont plus de 50 pour le seul chef-lieu, où les quartiers les plus touchés sont situés à la sortie Est de la ville, plus précisément à Trouville et Bouisseville.
Ajoutant »Après le constat d’identification des principaux points de concentration des fuites et obstructions du réseau, un plan d’action a été préétabli en coordination avec la Direction Générale SEOR de la wilaya, où il a été convenu d’un programme de travaux d’éradication des principales fuites et des points d’obstruction du réseau, dans des actions de grande envergure permanentes. Avant d’affirmer »Nous allons détacher des équipes en mobilisant les moyens matériels adéquats ainsi que le personnel technique qualifié.
Une fois les opérations lancées, un rapport sera établi pour l’évaluation quotidienne et permanente des travaux, sachant que certaines zones sont dotées d’un réseau obsolète et vétuste ne pouvant plus contenir la pression actuelle émanant de la station de dessalement à Cap Blanc. Suite à ces opérations d’éradication des fuites et d’obstruction, il est prévu dans une phase ultérieure la rénovation des canalisations vétustes ». Plus de 16 mois se sont écoulés, rien à l’horizon, bien au contraire, la situation s’empire à chaque jour que le Bon Dieu fait.
Des déperditions en « non-stop » sous la dévastation de moustiques et d’odeurs nauséabondes
Et comme dit l’adage »le malheur des uns fait le bonheur des autres », cette situation chaotique a créé d’autres inconvenances et contraintes à tous les résidents des deux quartiers, sous forme de dévastation des habitations par des essaims de moustiques, mouches bleues et autres guêpes, des espèces d’insectes qui ont saisi l’aubaine pour s’installer en maitres absolus des lieux, profitant de conditions de séjour idéales, le long des sillons d’eaux stagnantes, détritus et divers déchets ménagers entrainés par le ruissellement permanent des eaux déversées.
En plus de constituer une atteinte à l’environnement et l’hygiène publique, provoquant la prolifération d’insectes aux piqures dévastatrices, c’est surtout les milliers de m3 d’eau potable qui se perdent dans la nature, dans une sorte d’impunité qui ne dit pas son nom. Une grave dérive dans la gestion de la plus vitale des ressources naturelles et dont l’Etat a investi des sommes colossales pour le bienfait du citoyen. Que doit-on attendre d’utile d’une société conçue pour gérer les eaux, dans toutes leurs diversités, et qui n’arrive pas à réparer ou à colmater une fuite, à réparer des obstructions de canalisations ou encore à identifier la tuyauterie à rénover ? Finalement, la sonnette d’alarme qui est tirée, s’est transformée en SOS de danger public à l’intention des pouvoirs publics à la wilaya, ainsi qu’au premier responsable du secteur au niveau central pour un traitement de choc imminent à même de trouver une solution à ce massacre écologique.
Par : Kaid Omar



